Célibat solitude versus célibat liberté… 

L’image du célibataire seul, triste et déprimé est elle en train d’être sérieusement bousculée et dépassée ? La question m’est venue en faisant un petit tour d’horizon des nombreux articles du web et des médias sur le sujet du célibat.

Des célibataires partagent leurs astuces pour bien vivre le célibat et les journaux énumèrent toutes les bonnes raisons de rester célibataire. Un homme en vante même les avantages, quand un autre évoque « l’art » d’être célib’.

Les photos présentent des femmes en train de s’éclater entre copines ou une jolie fille épanouie, affichant un sourire radieux. Quand ce n’est pas une mariée avec son voile, courant toute seule sur une route et laissant au loin mari et invités… Coté homme, un beau mec revendique fièrement sur son tee-shirt « je suis célibataire ». Sous-entendu : « contrairement aux mecs en couple, là je suis en mode séduction, libre et dispo ! ». Les célibataires aujourd’hui cassent l’image de la solitude : ce sont avant tout des gens qui vont faire des rencontres en soirée. Autrefois associé à l’abstentionnisme des religieux, le célibat vire sa cutie et devient désormais symbole de liberté sexuelle !

A coté des photos de jeunes participants à un speed dating ou devant un écran sur un site de rencontre, on trouve aussi quelques slogans du type « le célibat, c’est sympa » ou « être seul, j’aime ça ! ».

Le constat est évident : aujourd’hui le célibat est plus que décomplexé. Il s’affiche fièrement et se revendique.

Sérieux : l’amour va t-il donc si mal que ça ?

Je m’interroge…

Bien sur, il fallait en finir avec la Sainte Catherine et l’image de la veille fille aigrie. Les célibataires d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ces images là : célibataire du web et maman solo ont relooké le célibat en version moderne.

Mais alors, l’amour va donc si mal que cela, pour qu’on en vienne à mettre le célibat en modèle ? Le couple et l’amour seraient-ils devenus synonymes de séparation et divorce, de conflits interminables ou de routine sexuelle des plus ennuyeuses ? La nouvelle génération va-t-elle renoncer à la recherche de l’âme soeur, à la relation amoureuse sérieuse ou au mariage ? Rencontre l’amour est-il démodé ? Peut-on croire encore à une belle histoire d’amour ?

Célibat choisi ou célibat subi ?

Evidemment, il est très important de se mettre à l’abri, de pouvoir être seule, quand la situation devient trop douloureuse, et la vie de couple peut sacrément remuer ! Après avoir enchainé plusieurs ruptures qui m’avaient laissée à terre, j’ai moi-même été célibataire pendant plusieurs années. Moi qui étais athée, j’avais même envisagé sérieusement le couvent à une époque !

Vivre seule m’évitait des tourments du couple et me protégeait. Etre célibataire était rassurant : je savais où j’allais, pas de risque. De l’extérieur, on aurait pu penser que c’était un « célibat choisi ». Je ne voulais plus me retrouver en miette après une rupture, ou me faire maltraiter par les hommes. Je choisissais donc ma vie et préférai me tenir à distance de toute tentation amoureuse. Au fond de moi, j’avais renoncer à trouver l’amour : la vie de couple, ce n’était plus pour moi !

Mais peut-on parler de célibat choisi quand tôt ou tard arrive au fond de soi la nostalgie de bras aimants, de paroles douces et de moments de soutien et d’intimité ? Quand le soir, je rêvais secrètement du grand amour et imaginais trouver la bonne personne ? Car l’amour finit toujours par venir vous murmurer à l’oreille qu’il vous manque. Peut être ne l’entendez-vous pas, peut être l’avez-vous associé à trop de douleurs ou de déceptions et vous êtes-vous endurci. Mais j’ai la conviction intime que l’amour est notre plus grande aspiration. Chercher l’amour, n’est-ce pas finalement notre mission de vie en tant qu’être humain ? Si tel est le cas, alors le couple est le lieu de cette aventure. Nous pouvons toujours mettre l’amour à distance, l’enfermer dans un coffre, mais peut-on réellement se couper de lui ? L’amour ne serait-il pas dans le fond notre vraie nature ?

Ce n’est jamais l’amour qui fait souffrir

Les confusions sur l’amour

Et voilà la principale erreur que j’ai faite et que de nombreuses personnes font. « Ce n’est jamais l’amour qui fait souffrir, mais le manque d’amour » (citation de Darpan). C’est aussi tout ce qu’on a pris pour lui. Autrement dit, nos souffrances sont le fruit de nos confusions et de notre méconnaissance de l’amour. C’est bien sûr joliment dit, mais concrètement, il faut explorer en soi cette dimension.

Oui, il faut explorer en soi le rapport que nous entretenons avec l’amour pour réaliser à quel point nous nous égarons. Au point de valoriser le célibat. Au point de prendre un repli nécessaire pour la solution. C’est un peu comme si nous nous immobilisions toute notre vie après une fracture de la jambe. Le repos et l’immobilisation sont nécessaires, mais un certain temps seulement. De même le célibat répond à un besoin sur le moment.

Guérir de ses blessures d’amour

Par un cheminement en Ressenti Thérapeutique, Julie a compris que les flatteries de son mari n’étaient pas de l’amour mais de la manipulation. Judith a réalisé qu’elle n’aimait pas vraiment son ex, même si elle était folle de lui. Elle a fini par voir qu’elle attendait de lui la reconnaissance jamais reçue de son père, et que c’est cela qu’elle prenait pour de l’amour. Elisa est sortie de 10 ans de vie de célibataire après avoir passé en revue toutes ses histoires amoureuses et après avoir compris les nombreuses confusions qu’elles révélaient. Elle vit aujourd’hui une relation sérieuse avec une nouvelle personne.

Après l’exploration de nos histoires de couple (je parle ici de l’exploration vivante par un travail thérapeutique et de connaissance de soi, et non pas de la compréhension intellectuelle qui est souvent stérile), l’amour se révèle toujours intouchable et intouché. Il émerge tel une graine qui sort de terre. Le célibat correspond pour moi à cette période où la graine est protégée dans le sol et  rassemble toute ses forces avant d’offrir le meilleur d’elle-même. Mais elle doit un jour sortir de l’ombre pour s’épanouir. Vous accompagner dans cette étape, souvent délicate, et vous voir fleurir à votre tour est mon vœu le plus précieux…

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